Préservation de fertilité

La loi française prévoit que « en vue de la réalisation ultérieure d’une Assistance Médicale à la Procréation, toute personne peut bénéficier du recueil et de la conservation de ses gamètes ou tissu germinal (…) lorsqu’une prise en charge médicale est susceptible d’altérer sa fertilité ou lorsque sa fertilité risque d’être prématurément altérée » (art. L. 2141-11 de la loi de bioéthique n°2004-800 du 6 août 2004).

Il existe ainsi deux cas de figure : La préservation dite « d’urgence » et non urgente

La préservation dite « d’urgence »

  • Préservation féminine

Aujourd’hui, l’évolution des thérapeutiques a pour résultante la guérison de plus en plus de femmes d’une maladie grave mais la privation de leur fonction ovarienne  et l’atteinte, dans de nombreux cas irréversible, de leur fertilité.

Les femmes sont ainsi guéries de leur cancer mais infertiles.

Il est donc nécessaire d’agir vite et mettre de côté des ovocytes en les vitrifiant, par une technique de stimulation ovarienne aboutissant à un prélèvement ovocytaire par ponction avant même le début des traitements de chimiothérapie.

Cette préservation nécessite une coordination parfaite entre notre équipe de procréation médicale, le chirurgien et l’oncologue.

  • Préservation masculine

De la même façon, la fonction reproductrice de l’homme peut être définitivement altérée par une destruction totale, médicale ou chirurgicale, des cellules souches productrices de spermatozoïdes.

Là aussi, il faut agir vite en préservant des paillettes de sperme réutilisables ultérieurement lorsque le projet parental sera d’actualité.

Le recueil peut se faire simplement par masturbation comme pour un spermogramme ou dans certains cas précis chirurgicalement par une biopsie testiculaire.

La préservation non urgente

  • Préservation féminine

Il existe aujourd’hui des outils qui nous permettent d’évaluer le stock ovarien, de savoir s’il est diminué mais aucun pour connaître l’évolution de ce stock.

Certaines situations sont à risque de pertes ovocytaires rapides comme une chirurgie ovarienne dans les cas de kystes endométriosiques ou dermoïdes par exemple ou comme des antécédents familiaux de ménopause précoce.

Dans ces cas à risque d’altération précoce de la fertilité, il est nécessaire de s’interroger sur la possibilité de préserver ses ovocytes en les mettant de côté. Là encore, il s’agit de passer par un protocole de stimulation ovarienne avec prélèvement ovocytaire.

A noter que les ovocytes vitrifiés ne seront utilisés ultérieurement que si la patiente présente une infertilité avec la nécessité d’un recours à une aide médicale à la procréation.

  • Préservation masculine

Si lors d’un bilan spermatique, une altération sévère de la fonction de reproduction est constatée avec un nombre de spermatozoïdes très diminué, une préservation de la fertilité avec une mise en banque de sperme sera proposée.